La gauche française face à son cauchemar : peut-elle encore échapper à Mélenchon ?
La question est sur toutes les lèvres à gauche : Jean-Luc Mélenchon est-il devenu inévitable ? Alors que l’ancien tribun de La France Insoumise a déjà lancé sa machine de guerre pour 2027, le reste de la gauche semble plongé dans un psychodrame sans fin. PS, écologistes et communistes cherchent encore un candidat… et surtout une stratégie.
Une gauche non-mélenchoniste totalement perdue
Depuis des mois, le Parti socialiste tente d’organiser une primaire dont personne ne parvient à définir les règles. Les écologistes se déchirent autour de Marine Tondelier. Les communistes tiennent leur congrès ce week-end dans une ambiance de grande fébrilité. Résultat : aucune figure claire n’émerge pour incarner une alternative crédible à Mélenchon.
Françoise Degois, éditorialiste, refuse pourtant de dramatiser : « La gauche donne toujours l’impression d’être dans une impasse. On connaît ce psychodrame par cœur. » Mais les chiffres sont implacables.
18 % dans les sondages… et une peur bleue du 21 avril
Selon la dernière enquête Fiducial pour LCI, Sud Radio et Le Figaro, la gauche non-mélenchoniste stagne entre 18 et 19 %. Un espace arithmétique existe, mais l’inquiétude grandit chez les électeurs : « Est-ce qu’on va encore vivre un 21 avril ? »
La gauche n’a plus atteint le second tour d’une présidentielle depuis 2012. Treize ans. Une éternité pour une nouvelle génération. Depuis 2017 et l’arrivée de Macron, elle n’a jamais dépassé 30-31 % aux élections nationales. Un effondrement historique.
Le désir de primaire à 85-90 %… et Raphaël Glucksmann qui refuse le combat
L’électorat de gauche réclame massivement une primaire (85 à 90 % selon les sondages). Pourtant, Raphaël Glucksmann, qui rêve d’incarner la social-démocratie, refuse une vraie primaire ouverte. Il préfère une « désignation in vitro » par le PS.
Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas certain de l’emporter face à une concurrence réelle. Le traumatisme de Benoît Hamon en 2017 hante encore les esprits. Résultat : le PS est incapable de s’entendre, même sur la méthode de désignation. Hier encore, son Conseil national s’est soldé par un nouveau fiasco.
François Hollande, Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj… La liste des prétendants s’allonge. La gauche plurielle se transforme en gauche éparpillée.
Mélenchon, le lièvre qui a pris le départ… et qui fait peur
Pendant que les autres discutent, Jean-Luc Mélenchon fait campagne. Il remplit des meetings, structure son mouvement, impose sa narration. Dernier sondage : il culmine à 13 % et reste largement en tête des intentions de vote à gauche.
Plus grave : 49 % des sympathisants de gauche déclarent une adhésion positive à son égard, loin devant François Hollande (42 %) ou Olivier Faure (27 %).
Les Français retiennent surtout une chose : la perspective d’un second tour Mélenchon-Bardella ou Mélenchon-Le Pen est devenue le cauchemar absolu d’une grande partie de l’opinion.
« À la fin, la force fait loi »
Malgré ce tableau sombre, Françoise Degois reste persuadée que la gauche non-mélenchoniste finira par produire un candidat « solide » capable d’empêcher Mélenchon d’accéder au second tour. D’autres voix, plus réalistes, estiment que la messe n’est pas encore dite… mais que la voie est extrêmement étroite.
Les communistes, via Fabien Roussel, refusent pour l’instant de choisir entre « Mélenchon et la social-démocratie ». Pourtant, l’histoire récente montre qu’à la fin, les accords législatifs et la peur de l’élimination poussent souvent à la résignation.
La question qui fâche reste posée : la gauche française a-t-elle encore la force, l’unité et le leadership nécessaires pour éviter de se faire avaler par son aile la plus radicale ? Ou assistera-t-on, une fois de plus, au triomphe de la division et à la marginalisation définitive de la social-démocratie ?
Le temps presse. Octobre-novembre sera décisif. D’ici là, le lièvre Mélenchon continue d’avancer. Et la tortue de gauche… cherche encore la sortie.






